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La médecine légale au Centre hospitalier

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Marie-Paul Clotteau, médecin légiste

Sa profession est un incontournable des séries policières. La réalité est bien différente. Rencontre avec Marie-Paul Clotteau, médecin légiste à l'hôpital de Saint-Nazaire.

Elle a le sourire et la bonne humeur de ceux qui côtoient les drames au quotidien. Une manière de compenser en somme. Marie-Paul Clotteau est médecin légiste à l’hôpital de Saint-Nazaire. Une profession bien loin des clichés véhiculés dans les séries télés.

« 90 % de mon activité, c'est du vivant mais du vivant difficile » reconnaît ce médecin qui a embrassé le métier par passion et par héritage.

L’autopsie en héritage

Son grand-père, médecin généraliste était aussi, à l’occasion, médecin légiste. J’ai hérité d’une enveloppe remplie des autopsies qu’il avait pratiquées, alors forcément.

Urgentiste et légiste

Originaire du Mans, Marie-Paul a fait ses études de médecine à Nantes.

J’hésitais entre ça et la justice. Médecin légiste concilie parfaitement les deux.

Son diplôme en poche en 2002, la professionnelle fait ses gammes aux urgences du CHU pendant 5 ans. Elle est toujours urgentiste à mi-temps mais à Saint-Nazaire depuis 2006, avec en sus, la responsabilité du pôle imagerie et spécialités médicales. L’autre partie de son activité, elle la consacre à la médecine légale depuis 2 ans.

« Le lien entre médecine et justice »

Marie-Paul Clotteau a suivi pendant deux années une lourde formation pour se spécialiser tout en assurant son poste. Le centre hospitalier avait déjà eu des médecins pouvant assurer la médecine légale.

Mais la réforme de 2011 a réorganisé la médecine légale. Avant c’était un peu au coup par coup. Il n’y avait pas vraiment de référent. Aujourd’hui on sait qui fait quoi.

Elle est l’un des six médecins légistes du département, rattachée à l’institut médico-légal de Nantes. Elle est la seule en poste à Saint-Nazaire et reste l’interlocutrice de la justice et des enquêteurs.

Je travaille sur réquisition du procureur, je suis là en appui. Je fais le lien entre la médecine et la justice. Je les aide à comprendre et à décider.

Exemple, jeudi 26 novembre un homme est découvert mort à Penhoët. Marie-Paul Clotteau est dépêchée sur place pour les premières constatations. Le décès semble d’origine naturelle mais une autopsie est pratiquée à Nantes le samedi et confirme la première conclusion. La semaine dernière toujours, un nourrisson arrive par les urgences couvert de bleus. Le diagnostic du médecin légiste va être déterminant. Le bébé a depuis été placé en famille d’accueil.

Détecter les traces de torture

J’ai plusieurs missions. La thanatologie, l’examen des corps décédés, est une infime partie de mon travail, contrairement à ce qu’imagine le grand public. À Saint-Nazaire, sauf en cas de mort subite du nourrisson où la procédure est spécifique, on ne pratique pas d’autopsie. Elle se fait à Nantes. La grande part de mon activité se fait auprès des vivants pour un certificat médical assorti d’une ITT (interruption temporaire de travail) qui déterminera la gravité et la qualification des faits. Les violences conjugales sont en premières lignes. J’examine également les demandeurs d’asile pour relever les traces de torture. Je l’ai déjà fait deux ou trois fois ici. C’est assez terrible. Sa présence lors des gardes à vue, est aussi parfois sollicitée même si SOS médecins assure également cette tâche.

L’emploi du temps de Marie-Paul Clotteau est plutôt à géométrie très variable. Et à 41 ans, elle lorgne déjà sur une autre spécialité, l’expertise médicale. En attendant, les urgences, qui ce lundi 30 novembre frôle l’engorgement, les victimes, les accidentés de la vie et de la route, ont besoin d’elle. Les juges, la police et les gendarmes attendent ses rapports. Son quotidien en quelque sorte, mais sans jamais se départir du sourire.

 

Article rédigé par Cathy RYO et paru dans le journal "L'écho de la Presqu'île" le 10 décembre 2015

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